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Fatoma Dembélé (percussionniste) : “On n’a pas de succès dans notre pays”

Fatoma Dembélé (percussionniste) : “On n’a pas de succès dans notre pays”

Artiste, percussionniste, chanteur, danseur, auteur et compositeur, Fatoma Dembélé fait aujourd’hui la fierté du continent africain, sur le plan culturel. Très peu connu en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, son pays d’origine, cet artiste ne cesse de parcourir le monde, avec son Djembé, pour valoriser la culture africaine. Rencontré à Strasbourg, Fatoma a bien voulu se confier à Urbanpress.
 
Fatoma Dembélé, pouvez-vous nous rappeler ton parcours artistique ?
Avant tout propos, je tiens d’abord à remercier la Côte d’Ivoire qui m’a permis d’avoir ce nom que je porte aujourd’hui. Car c’est en Côte d’Ivoire que j’ai commencé la musique à l’âge de 5 ans. J’étais avec mes frères et sœurs. Et c’est monsieur Kpazaï Lambert, un danseur chorégraphe, qui m’a tout appris dans la musique. Ensuite, je me suis retrouvé au Djolem avec Coulibaly Salif où j’ai travaillé.

Après, j’ai continué avec Tantie Oussou (artiste ivoirienne décédée il y a quelques années, Ndlr), avec qui j’ai vraiment évolué dans la musique traditionnelle ivoirienne en général. J’ai aussi trainé un peu ma bosse un peu partout dans le pays. Mais la véritable formation de Fatoma a commencé dans les années 93-94 avec la compagnie “Yelemba” à Abidjan. Nous avons fait des prestations en percussion, danse et chant, dans tous les grands hôtels et espaces touristiques de la capitale.
 
Comment s’est faite votre arrivée en Europe ?
Je suis arrivé en Europe pour exécuter des projets artistiques avec des musiciens français. Mon premier voyage en France, c’était en 1999, pour une tournée de 3 mois. Et la tournée s’est tellement bien passée que j’ai été invité à nouveau plusieurs fois pour des séries de tournées. Ensuite, avec la compagnie avec laquelle j’étais, on a commencé à travailler avec le conservatoire de Nantes. Et quand la crise ivoirienne a éclaté en 2001, ce conservatoire nous a proposé, vu la situation du pays et pour ne pas avoir de problème de visa,  d’avoir la carte la carte de séjour en France. Et depuis lors, nous sommes restés ici et nous avons fait plusieurs projets avec différents artistes.
 
Avez-vous votre propre compagnie ?
A Strasbourg, j’appartiens à une compagnie familiale. Car avec mes cousins et mon frère Issa Dembélé, Drissa Diarra, Drissa Dembélé, Adama Diarra et Souleymane Diarra, nous avons monté ensemble une compagnie appelée “Sokan” dont je suis le chef batteur. On fait de la percussion, du balafon et du chant. En marge de cela, je suis en train de monter mon propre projet, mon propre groupe “Tchossan Band”.
 
A ce jour quelles sont vos activités en France et principalement à Strasbourg ?
Je donne toujours des spectacles, des stages et des cours de danse. Mais la plus part du temps, je suis toujours parti en tournée à travers le monde. J’ai participé à certains festivals comme le Human Festival organisé par Peter Gabriel et Phil Collins en Angleterre. Après cela, nous avons tourné au Sri-Lanka, en Malaisie, en Nouvelle Zélande, en Australie. Et moi-même, pour mes propres projets je suis allé en Israël, en Turquie, au Maroc, et dans d’autres pays encore.


Combien de tournées faites-vous dans l’année ?
L’année dernière par exemple, on a fait 120 dates. Mais cette année, puisque nous sommes en train de préparer notre nouvel album, alors on a mis les tournées en standby, pour se consacrer entièrement à la réalisation de cet album. A partir de l’année prochaine on recommence les activités. Mais en attendant, en juin, je pars en Algérie pour une tournée de 20 jours.
 
Depuis que vous faites le tour du monde, n’avez-vous pas encore pensé à faire un spectacle en Côte d’Ivoire ?
La Cote d’Ivoire, je l’ai dans le cœur. Bien que je sois d’origine burkinabé, je me sens ivoirien. Parce que je suis né en Côte d’Ivoire et j’ai tout appris dans ce pays. J’ai d’énormes projets pour la Côte d’Ivoire. Depuis l’année dernière, j’ai fait 4 voyages sur la Cote d’Ivoire, afin de préparer ces projets. J’ai des amis et collègues qui ont confiance en moi et qui m’attendent pour mettre tout en œuvre. Ce que j’ai envie de faire, c’est de mettre en valeur la culture ivoirienne dans mon propre pays, et sur le continent.
 
Nombreux sont les artistes comme vous qui sont demandés sur les scènes internationales, mais malheureusement ont peu de succès en Côte d’Ivoire…
C’est vrai qu’on n’a pas de succès dans notre pays. Parce que les gens ont une autre image de la musique qu’on fait. Pourtant les véritables bases de la musique urbaine et moderne viennent de la musique traditionnelle que nous faisons. Dans le Zouglou, on retrouve du djembé et du doumdoum. Dans le coupé-décalé, les rythmiques de batterie viennent d’un mélange du djembe et du doumdoum. Les mélodies dans la musique coupé-décalé viennent des instruments de musique traditionnels africains.

Ce sont des mélodies pentatoniques. Ils sont donc dans la tradition sans le savoir. Mais pour changer les choses, Il faut que le gouvernement nous donne la possibilité de créer un petit festival dédié à la culture traditionnelle. Afin de valoriser la gastronomie traditionnelle, la danse et la musique traditionnelle. On est prêt à faire notre retour, pour soutenir un tel projet. Car la tradition doit se faire connaitre. Et nous sommes là pour la valoriser.
 
Vous pouvez aussi le faire, sans attendre le gouvernement !
Oui, on peut le faire ! Mais cela demande un appui. Aujourd’hui, toutes les compagnies artistiques n’existent presque plus, parce qu’il n’y a pas de soutien. Si je demande l’appui du gouvernement, c’est pour donner de la crédibilité et de la notoriété aux projets. Sinon pour mes projets que je réalise ici, je les fais sans le soutien de l’état.

Mais en Afrique, on a besoin du soutien du gouvernement. D’abord pour la procédure administrative, la sécurité, la logistique et même la communication. Ce n’est pas forcement l’argent que nous attendons du gouvernement, mais un véritable soutien maternel faciliterait l’affaire.
 
Que ressentez-vous par rapport au fait que la plupart des compagnies artistique aient toutes disparu en Côte d’Ivoire ?
Quand on fait un tour d’horizon, on retrouve les meilleurs percussionnistes de la Côte d’Ivoire en Europe ou aux États-Unis. Pareil pour les meilleurs danseurs et aussi les meilleurs chanteurs. Donc les jeunes n’ont plus de formateur. Parce que le formateur-même est allé se chercher. C’est triste !
 
Quel est votre projet immédiat ?
Comme j’ai dit, j’ai décidé de faire mes propres projets et mon propre groupe. Je commence le 26 et le 27 mai prochain, par un stage suivi d’un diner spectacle.
 
De tous vos spectacles quel est celui qui vous a le plus marqué ?
C’est vraiment compliqué parce que j’ai tellement de souvenir agréable. Mais ce qui m’a vraiment touché au point de couler des larmes, c’était au Sri Lanka en 2004. Après le passage du Tsunami, nous avons été sollicités avec le Yelemba pour faire des spectacles, afin que les fonds récoltés servent à aider les victimes. A cette occasion, le percussionniste de l’Inde, Trilok Gurtu a porté son choix sur moi pour faire un duo lors du spectacle. Et cela m’a vraiment honoré. J’y suis allé pour une bonne cause, et en même temps j’ai pris du plaisir à jouer avec ce grand homme.

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