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Masta Coco : “Le reggae fait peur à nos dirigeants”

Masta Coco : “Le reggae fait peur à nos dirigeants”

“Mastaïsation”, tel est le titre du 3e album que l’artiste reggae Franco-Ivoirien Masta Coco vient de sortir. Recevant Urbanpress dans ses appartements dans le 13e arrondissement à Paris, l’artiste nous a donné l’occasion de découvrir en exclusivité son chef-d’œuvre ?
 
Heureux de te retrouver Masta, surtout après la sortie de ton nouvel album intitulé “Mastaïsation”. Pourquoi un tel titre ?
“La Mastaïsation” est un concept qui vient de mon nom Masta. C’est une manière d’exprimer ma façon de vivre, de penser et d’être. “La Mastaïsation” est un état d’esprit, une façon de se comporter au jour le jour. C’est des convictions, des principes, une hygiène de vie. Un certain respect d’autrui. Ce sont des valeurs profondes. J’essaie de vivre contre mes démons parce que je suis un être humain. Je suis un bon vivant, un épicurien. J’adore le bon vin, je suis un bon consommateur de certains produits “illicites” et j’adore la bonne bouffe.
 
Quand tu dis produits illicites, je suppose que tu fais allusion à la marijuana. Cela fait aussi partie des valeurs que tu veux inculquer la jeunesse ?
Je l’ai déjà dit et je le redis encore. Je suis un fin consommateur de mon truc. Je ne suis pas non plus quelqu’un de dépravé dans la chose. J’ai du respect pour ma personne, pour mon produit, et pour l’éducation que mes parents m’ont donnée. Vous ne verrez jamais Masta Coco avec un joint dans la rue. Mais quand je suis chez moi, écoutant de la bonne musique, je me laisse aller tranquillement, comme quelqu’un boirait son whisky ou sa bière chez lui. Sans abus. Tu sais, scientifiquement parlant, cette plante a énormément de vertu. A tel point que les occidentaux s'en servent. Mais il s'agit d'un véritable problème de société. Car aussi derrière cela, se cache tout un trafic, une économie parallèle qui alimente le crime. Je propose que cette plante soit considérée comme ses cousins, l'alcool, les médicaments, sans oublier le tabac. Tout peut se consommer, mais avec modération. Le problème de la jeunesse africaine est dû au fait de la culture de l'excès.
 
Quels sont tes impressions un mois après la sortie de cet album ?
Franchement, c’est un peu trop tôt pour donner mes impressions. Cette sortie a été reportée plusieurs fois parce que je voulais parfaire les choses. Ensuite on a signé avec une maison de disque qui a bien voulu jeté un regard sur mon travail avant la sortie. Mon équipe et moi, nous nous sommes donné 6 mois avant d’évaluer les ventes. Mais pour l’instant, on sait que l’album se vend moins en France que de l’autre côté de l’atlantique. Et je suis très surpris et heureux de savoir que j’ai des fans aux USA, au Canada et partout.
 
On constate une maturité sur le plan musical et aussi des textes politiquement engagé. Qu’est-ce qui a provoqué changement ?
Me connaissant, tu sais que ce n’est pas un réveil. Depuis tout le temps, j’ai toujours tenu le même discours. J’ai toujours été engagé. Lorsqu’on me pose des questions sur la politique, je réponds comme il faut. Je n’ai pas peur. Je ne mâche pas mes mots. Et cet engagement est bien présent dans l'album à travers, 4 titres supers lourds.

Je n’aime pas la politique. Et pour tout te dire, c'est tout sauf de la politique. C’est de la gouvernance à l'africaine. Mais ce n'est pas de la politique. La société africaine est une termitière fabriquée en sable de plage qui est en train de se détériorer de jour en jour. Alors que d’autres se battent pour la reconstruire. Donc c’est un peuple qui lutte contre un autre peuple à l’intérieur du même peuple. On ne peut donc pas avancer.
 
Quelles ont été les conditions d’enregistrement de cet album ?
Pour cet album, j’ai voulu changer un peu les choses en m’éloignant du carcan musical classique. Je me suis encadré d’une bonne équipe. Je me suis expatrié dans une petite ville du sud de la France, où avec mon ami Nesta, nous avons monté un studio et on a enregistré l’album en live. Chaque musicien a parfaitement joué sa partition. Et j’ai vraiment été impliqué dans cet album, du début à la fin. C’est un savant mélange de sonorités africaines et européennes.
 
On remarque que sur les 13 titres, la plupart est en anglais. Y a-t-il une explication à cela ?
On m’a souvent dit que chanter à l’international requérait d’être compris. Donc j’ai chanté en anglais parce que c’est la langue la plus parlée ou chantée sur le plan musical. Donc j’ai toujours chanté en anglais. Mais, cette fois-ci beaucoup de titres sont en anglais avec des refrains en anglais, mais les textes sont en français. Pour être entendu de tous.
 
Depuis les rives de la Seine, comment juges-tu le reggae made in Côte d’Ivoire ?
J’ai vraiment beaucoup de chose à dire sur le reggae ivoirien. Certaines choses sont malheureuses, d’autres sont un constat simple. Le premier constat c’est qu’on a de grandes stars internationales en CI. Pour moi la Côte d’Ivoire est le plus grand pays de reggae. Mais aujourd’hui, on a besoin des artistes ivoiriens à l’international. On a plus besoin de s’enfermer dans notre pays.

Alpha Blondy et Tiken Jah nous représentent bien à l’international. Mais nous devons penser à la relève. Je ne prétends pas être à la hauteur de ces deux monuments, mais chacun à son niveau fait ce qu’il peut. Mon souhait, c’est que la Côte d’Ivoire soit mieux représentée à l’international. Il y a plusieurs jeunes artistes pétris de talent qui ont seulement besoin de soutien pour exploser sur le plan international.
 
Es-tu de l’avis de ceux qui disent que la Côte d’Ivoire est la 3e capitale mondiale du reggae ?
Je ne dirais même pas la 3e, mais plutôt la 2e capitale. D’abord, vous avez vu le monde qui s’est déplacé pour le festival Abi Reggae. Ensuite, il y a toujours des concerts reggae à Abidjan, mais seulement ils se font dans de petits espaces. C’est déjà bon. On a des émissions reggae sur toutes les radios. On a des espaces reggae qui permettent aux adeptes de cette musique de se retrouver. Presque tous les artistes reggae dans le monde veulent jouer en Côte d’Ivoire. Le problème, c’est que nos dirigeants ne font pas confiance au reggae. Le reggae leur fait peur.

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